“Le sang et la mer”, avis de traversée agitée

Par Patsy Monsoon

Signé par Adrien Thomas, écrivain à qui l’on doit entre autres la saga des Ultimages et Neige et poussière, ce roman destiné aux grands ados et jeunes adultes mixe de manière très réjouissante et libre la mythologie et l’hypertechnologie contemporaine.

Au moment où l’histoire s’ouvre, le trône d’Iolkos a été volé au père d’Iason. Pour le récupérer, une seule option : partir chercher la Toison d’or. Le plan est simple sur le papier, beaucoup moins une fois sur les flots. Iason réquisitionne l’Argo et rassemble un équipage aussi disparate qu’imprévisible avec notamment Khala, Atlan, Örff ou encore Héraklès. Très vite, il apparaît que chacun embarque avec son caractère, ses compétences… et ses zones d’ombre.

Le voyage s’annonce long et mouvementé car ils ne sont pas seuls à convoiter la Toison, les dangers s’accumulent et l’ambiance à bord s’alourdit de tensions. Les conflits ne viennent pas seulement de l’extérieur : entre secrets, rivalités et non-dits, cette escouade menace parfois d’imploser avant même d’atteindre son but.

Plein de promesses, avec une couverture qui attire l’œil et un résumé qui crée l’envie, ce roman ne déçoit pas du tout à la lecture. On peut même parler d’une vraie révélation. Car il s’agit d’un véritable récit d’aventure au sens classique du terme. Le rythme est constant, le style direct, sans fioritures inutiles, toujours au service de l’intrigue. La narration avance sans temps mort et les personnages, pourtant nombreux, sont clairement identifiables ; chacun trouvant sa place sans déséquilibrer l’ensemble.

Le récit mêle action, trahisons, camaraderie, amour, folie, bravoure et rebondissements successifs, tout en intégrant des éléments inattendus comme des mutants ou des automates. Cette relecture de la mythologie, personnelle et décomplexée, fonctionne pleinement et se laisse lire avec fluidité. Le texte offre une immersion efficace, capable de faire oublier le quotidien pour embarquer le lecteur à bord de l’Argo, aux côtés de cet aréopage aussi fragile qu’attachant....

La conclusion est soignée, riche en surprises, et ouvre naturellement vers la suite de cette odyssée avec de nombreuses hypothèses qui se confirmeront -ou pas - dans le prochain volet. Elle suscite également clairement le désir de prolonger le périple et de poursuivre la découverte du travail de l’auteur.


Le sang et la mer, chronique de l'Argo, tome 1, 19, 90 euros, Editions Rageot

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