Derrière les plumes qui signent les interviews et chroniques de notre média littéraire, se cache un bel aréopage de boulimiques de lecture. Pour terminer les vacances en beauté, on vous propose de faire mieux connaissance avec ces passionné(e)s, en commençant par Marceline, notre tête chercheuse, toujours en quête de pépites livresques, qui nous envoie aujourd’hui une petite lettre d’Autriche...

Propos recueillis par Odile Lefranc, interview rédigée par Bénédicte Flye Sainte Marie

Pourquoi avez-vous souhaité vous engager dans l'aventure LMQPL ?

J’aime lire, mais c’est une activité solitaire. J’aime écrire, mais je n’ai pas envie d’être formatée. Pour réunir ces envies et lever ces contraintes, il fallait que je me trouve une bande organisée : LMQPL, c’est tout ça à la fois, lire et écrire, être insérée dans une équipe humaine et pourtant indépendante. Et en prime, être lue !

Qu'est-ce que la lecture vous amène ? En quoi vous est-elle indispensable ?

Pour le savoir, ne regardez surtout pas ma photo : comment pourrait-elle vous dire que je suis à la fois un psychologue camerounais, une vieille dame qui enquête dans son jardin anglais, un jeune homme qui gronde « A nous deux, Paris », l’amoureuse contrariée d’un homme impossible dans les landes du Yorkshire, bref, « A moi seule bien des personnages », comme le dit un titre de roman ? Et tout ça, en seulement cinquante-six ans sur terre...je le dois à la lecture, évidemment.

Quel genre de lectrice êtes-vous en vacances ? Parcimonieuse ou boulimique ?

Une ambitieuse irréaliste ! Toute l’année, j’alimente ma liste A lire cet été (je viens de vérifier : cent-seize titres, quand même). Mais j’ai observé un étrange phénomène : je me constitue ma pile, et au moment du choix, je lis un livre qui n’y est pas. Dites-moi que je ne suis pas la seule ?

Quel rapport avez-vous aux livres ? Est-il sacralisé ou vous les trimballez partout, les cornez, les tachez etc.. ?

Lorsque je lis un livre, j’aime me l’approprier en le cornant, en l’annotant, en le laissant vieillir prématurément dans un sac trop petit. Et si je l’aime, dès qu’il est terminé, je le donne le plus vite possible pour partager mon enthousiasme. Je me rends compte que ça signifie que j’ai pris du chat (qui joue avec ses objets) et du chien (qui ramène les balles). On sait tous que nos lectures en disent long sur nous, mais je me demande quand même comment interpréter ça !

Lisez-vous en silence ou en musique ? Y-a-t-il a une chanson précise qui vous donne envie de lire ?

J’ai toujours préféré lire en musique (en écoutant en boucle mon obsession du moment), mais je me rends compte qu’en vieillissant, je préfère le silence. Ça me chagrine beaucoup, parce qu’il y a des livres que je ne peux pas dissocier de leur bande-son (par exemple, les trois tomes de Millenium, pour moi, c’est Kashmir, de Led Zeppelin). Autant dire que ce sont des rencontres absolument improbables et sans aucune logique, mais elles définissent maintenant ma grammaire interne.

Quelles sont vos vacances idéales ? Vers quelle destination vous amèneraient-elles et avec les livres de quel auteur/ trice dans votre valise ?

Mon meilleur souvenir de Pompéi, ce n’est pas la ville -où j’ai pourtant adoré aller, sachez-le-, mais ma lecture de Gradiva, de Wilhelm Jensen. Je me rappelle très bien cette lecture : en sortant du bureau, debout dans la foule de la ligne 6 du métro, trempée parce qu’il pleuvait à verse. Je sais tout cela, pourtant, dans ma tête, c’est un soleil écrasant qui domine cette scène – et ce soleil ne me brûle pas. Quoi d’autre que la lecture pour se jouer à ce point de nos sens... et comment des vacances pourraient-elles offrir une meilleure expérience ?

Vous retrouverez Marceline Bodier sur www.lmqpl.com, sur L’Insta de Le Moins Qu'on Puisse Lire et son compte Instagram personnel

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